| Des mélanges complexes
Quatre phases principales ont été identifiées : la galène (PbS), la cérusite (PbCO3), la laurionite (PbOHCl) et la phosgénite (Pb2Cl2CO3). La galène est le minéral principal et bien connu des fards noirs de l’Egypte ancienne, mais aussi de khôls encore traditionnellement employés aujourd’hui dans certains pays d’Orient, d’Asie et d’Afrique du Nord.
La cérusite, minéral blanc, apparaît comme composant principal pour des fards à teinte plus claire. L’usage de tels fards peut surprendre aujourd’hui mais des études sur la toxicologie du plomb ont montré qu’aucune corrélation ne pouvait être établie entre l’usage de khôl et le taux de plomb dans le sang, s’il n’y a pas d’ingestion accidentelle.
L’observation de composés nouveaux
Les présences de la laurionite et de la phosgénite étaient inattendues. Ces deux phases sont en effet très rares, parfois observées dans les produits de corrosion d’objets en plomb ou dans des scories de plomb rejetées dans la mer lors d’anciennes opérations minières (par exemple aux mines du Laurion en Grèce).
La phosgénite est un peu plus fréquente car elle se forme également naturellement par oxydation des minéraux de plomb, lorsque ceux-ci viennent en contact avec des eaux carbonatées et chlorées. En supposant que de tels produits naturels aient été extraits, leur quantité dans la nature est de toute façon trop faible pour qu'ils aient été intensément utilisés comme base cosmétique pendant une période d’au moins huit siècles. D’autre part, l’extraordinaire état de conservation des objets étudiés exclu un apport de chlore par des eaux de ruissellement et donc une altération chimique des poudres dans leur récipient originel.
Aucune source naturelle et aucun mécanisme d’altération ne permettent d’expliquer la présence de ces deux phases chlorées : les Egyptiens devaient donc synthétiser ces produits.
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