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Lascaux : Les pigments noirs de la Scène du puits


Scène du puits (détail)
© CNP, Norbert Aujoulat

La Scène du Puits, une śuvre majeure

La grotte de Lascaux se situe sur les bords de la Vézère en Dordogne. Par datation croisée à partir d'objets de fouille et de l'étude stylistique de ses peintures, elle est rattachée au Magdalénien (10000-16000 BP), dernière culture du Paléolithique supérieur.
La Scène du Puits, dont la signification première est l’affrontement de l’homme et du bison, est un des panneaux majeurs de l’art pariétal paléolithique, autant par son caractère narratif que par la qualité graphique des différents éléments picturaux qui la composent (un oiseau, un homme, un bison, un rhinocéros et un cheval sur la paroi opposée). S'il existe de nombreuses hypothèses interprétatives du rôle des différents acteurs de ce panneau, par contre, aucune approche analytique de cet ensemble prenant en compte la nature de la matière picturale n’avait été proposée à ce jour. Une série d’analyses des matériaux colorants prélevés sur la paroi a été entreprise et fournit déjà une grande richesse d’information sur les pigments et les techniques utilisés par les hommes préhistoriques pour fabriquer et déposer la matière picturale.

 

 


Scène du puits (détail)
© CNP, Norbert Aujoulat

Les résultats

Tous les prélèvements sont noirs. L'observation de ceux-ci au microscope électronique à balayage (MEB) couplé à l'analyse EDX a permis d'identifier la nature chimique des différents constituants de la matière picturale. Celle-ci est constituée d’oxyde de manganèse riche en baryum et présente l'un des deux faciès caractérisés grâce au MEB: des feuillets de taille inférieure à 2 µm (pour l’oiseau, le bison, l’homme et le cheval de la paroi d'en face) ou de fines aiguilles d’une longueur supérieure à 5 µm (pour le rhinocéros). Le pigment, sans ajout de charge, fut simplement préparé par broyage et addition d’eau, afin d’obtenir une matière suffisamment liquide pour un dépôt au pinceau ou par pulvérisation.

Une coupe transversale de la matière picturale du rhinocéros révèle une couche d’oxyde de manganèse épaisse de 170µm , alors que pour le cheval, la couche d’oxyde de manganèse est très fine (épaisseur inférieure à 40 µm). La mesure de l'épaisseur de la couche picturale apporte une information précieuse sur son mode d'application.

 

Une homogénéité relative

Ces observations convergentes conduisent à exclure le rhinocéros de l’unité graphique de l’ensemble des figures du Puits. Il semble évident que les autres sujets de la Scène, ainsi que le cheval, bien que ce dernier soit inscrit sur la paroi opposée, ont été réalisés avec un même “ pot de peinture ”, ce qui signifie un seul et même approvisionnement et une seule préparation. L’homogénéité visuelle d’une large majorité des figures de ce panneau, confirmée par l’analyse physico-chimique de la matière picturale, détermine donc un temps d'exécution "très limité"..



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