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Les Grands Chantiers


Musée des Beaux-Arts d'Angers : la restauration du fonds de sculptures



Henri Chapu,
La Jeunesse
plâtre, 1875, hauteur : 2,40 m., inv. MBA J 48.
© C2RMF, C. Chevillot

Une grande galerie de sculptures

Dans la perspective de sa réouverture après complète rénovation des bâtiments existants et agrandissement, M. Patrick Le Nouënne, conservateur du musée d'Angers, a souhaité engager la remise en état du fonds de sculpture selon deux priorités : présenter une partie du fonds lapidaire du moyen âge dans la section portant sur l'histoire d'Angers et rendre de nouveau visible la galerie de sculpture du XIXe siècle. Après Amiens, Grenoble, Lille, Lyon, Roubaix, Rodez, Angers sort une grande part de ses collections des réserves, suivant en cela l'impulsion donnée pour la redécouverte de cet art par l'ouverture du musée d'Orsay en 1986 ; elle est une des grandes villes dont les collections de sculptures comptaient parmi les plus importantes de France au XIXe siècle. Une trentaine d'oeuvres de grands format et plusieurs dizaines de petits formats seront ainsi de nouveau visibles, parmi lesquelles le plâtre original de La Jeunesse de Chapu, modèle pour le monument à Henri Regnault commandé pour l'Ecole des Beaux-Arts de Paris après la disparition du peintre en 1870.

 

 


Henri Chapu
La Jeunesse
plâtre, détail, inv. MBA J 48.
© C2RMF, C. Chevillot

L'organisation d'une campagne

Afin que l'ensemble des œuvres bénéficient de la rénovation du musée, une étude préalable a été menée par Laurence Labbe et Frédéric Rouchet, restaurateurs. Un constat d'état établi pour chaque œuvre a permis aux responsables scientifiques et administratifs de disposer d'une estimation des travaux à mener et de les programmer de manière satisfaisante sur cinq années. Les sculptures demeurant en réserves font l'objet d'un dépoussiérage et de mesures de conservation. Les œuvres faisant partie du programme muséographique font l'objet de travaux de restauration approfondis, et des restaurateurs sont choisis chaque année après mise en concurrence. Ainsi, une quinzaine de professionnels diplômés des grands instituts de formation travaillent dans les réserves du musée.

 


Gabriel-Jules Thomas
Mademoiselle Mars
plâtre, hauteur : 1,57 m., inv. MBA J 868 S. 
© C2RMF, C. Chevillot

Les travaux de restauration

Les œuvres du XIXe siècle sont majoritairement en plâtre et en marbre. Les plâtres posent des problèmes particulier. Les sculptures en cette matière, très largement méprisées au XXe siècle car systématique assimilées à des moulages, ont été retirées des salles partout en France au milieu du siècle, et placées dans des réserves souvent poussiéreuses et humides. La poussière pénètre facilement dans la porosité du plâtre, surtout lorsque l'atmosphère connaît des variations hygrométriques importantes. Les infiltrations d'eau peuvent occasionner de graves pertes de cohésion du plâtre, ou encore le gonflement ou la corrosion des armatures métalliques et par suite l'éclatement de parties telles que les bras et les jambes. Les interventions consistent principalement en des opérations de nettoyage utilisant des techniques progressives et les plus respectueuses possible de l'épiderme et de l'histoire de la sculpture, comme le gommage ou la pose de gels de nettoyage.

 


Gabriel-Jules Thomas
Mademoiselle Mars (détail du visage à mi nettoyage)
1865
© C2RMF, C. Chevillot

 

Les restaurations se poursuivront jusqu'à l'ouverture du musée en 2004.

Elles entraîneront dans la phase ultime une collaboration avec l'architecte maître d'œuvre de la rénovation du musée afin de prendre en compte au moment du soclage les principes de bonne conservation des œuvres.


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