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Les Grands Chantiers
Nîmes, Musée des Beaux-arts, restauration par un mécénat BNP-Paribas de trois tableaux de Reynaud Levieux (1613-1699)
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Trois œuvres de grand format du musée des Beaux-arts de Nîmes sont en cours de restauration dans les ateliers de Versailles. Cette restauration est menée grâce au mécénat de la Fondation BNP-Paribas dont le programme BNP-Paribas pour l'Art a par ailleurs rendu possible la restauration d'une cinquantaine d'œuvres dans les musées de France depuis une dizaine d'années. |
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Ces trois huiles sur toile - qui figurent dans les collections du musée, pour deux d'entre elles depuis sa création en 1824, pour la troisième depuis 1878 grâce à un dépôt du Louvre - ont été peintes par Reynaud-Levieux entre 1656 et 1686 pour la chapelle des Pénitents noirs florentins d'Avignon. Reynaud-Levieux (Nîmes 1613-Rome 1699), considéré depuis l'exposition organisée en 1978 sur La Peinture en Provence au XVIIe s., comme l'une des figures majeures de l'art méridional, révèle ici, sur une durée d'une trentaine d'années, sa maîtrise picturale et sa maturité.
Ces œuvres représentent : - La Décollation de saint-Jean Baptiste (2,16 x 2,75 m), signée et datée: Rinaldus Levieux Nemosensis In et fe Avenione 1656, a été offerte à la chapelle de la Confrérie en 1656 par la famille Galéans Duchemin dont on retrouve les armoiries sur le bouclier d'un soldat. - L'Arrestation de saint Jean-Baptiste (2,30 x 2,87 m) est également signée " R.Levieux N.Int.et fet. " et porte les armoiries du chanoines Pierre de Guyon. Cette œuvre peinte vers 1667 a été saisie au moment de la Révolution et transportée à Paris sous l'Empire ; elle a ensuite été déposée à la Maison Napoléon à Saint-Denis, exposée au Louvre, puis mise en dépôt au musée de Nîmes en 1876 - Saint Jean-Baptiste et Hérode (1,95 x 2,66 m) est signé et daté " Renaldus Levieux Gallus Nemosius Inv. Et pin. 1686 "
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Ces oeuvres, peintes sur une toile de lin, de fine épaisseur et au tissage serré, nous sont parvenues sur leur toile originale tendue sur des châssis de restauration, agrandis. Quelques déchirures, des pièces collées au revers et des déformations les affectaient. Toutes présentaient des défauts d'adhérence, plus ou moins étendus selon les toiles, qui ont entraîné des soulèvements de la couche picturale ; des repeints virés et débordants et un vernis de restauration légèrement jauni affectaient cette dernière.
Il a donc été décidé, en concertation avec le conservateur en chef du musée des Beaux-arts de Nîmes, Mme Françoise Cohen, de procéder à une restauration fondamentale, destinée à refixer la couche picturale et à doubler les œuvres par une toile de polyester avant de les remonter sur un châssis neuf, et à alléger le vernis et dégager les repeints. Le masticage des lacunes sera réalisé dans un second temps et la réintégration illusionniste achèvera l'ensemble de ce travail.
Plusieurs mois seront nécessaires pour mener à bien ce travail qui est assuré par Mme Catherine Goupil et M. Serge Tiers pour la couche picturale et M. Alain Roche pour le support. Rappelons qu'avant toute intervention, les œuvres ont bénéficié d'un dossier d'imagerie scientifique (radiographique et photographies en lumière directe de la face et du revers, en lumière rasante et sous fluorescence U.V et I.R.). Quelques prélèvements de la matière picturale ont également permis de mieux comprendre la technique du peintre.
L'inauguration de la restauration de ces oeuvres aura lieu à Nîmes, à la fin de l'année 2002.
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| © Centre de recherche et de restauration des musées de France - RMN |
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