La stratigraphie avant restauration pouvait être subdivisée en trois ensembles : 1) La matière originale : Le dessin au fusain est appliqué sur le badigeon du plafond d’aspect mat et de couleur gris blanc. Le liant de cette peinture bon marché, appliquée en une ou deux couches suivant les zones, est une colle animale ; sa principale caractéristique est d’être soluble à l’eau. L’enduit mural a quant à lui été totalement retiré au cours de la transposition. 2) Les matériaux de transposition : Un enduit à base d’huile, d’aspect plus blanc, est appliqué au revers du badigeon. Une couche très épaisse - et très lourde - de colle vinylique assure enfin l’adhésion à une fine toile de coton qui constitue le nouveau support. 3) Le doublage sur toile Les fragments transposés sur toile ont été assemblés et collés sur une toile de lin épaisse avec un adhésif acrylique ; plusieurs indices semblent d’ailleurs indiquer que cette intervention n’est pas contemporaine de la transposition. Les altérations et fragilités pouvaient être classées en fonction de leur origine. • Des altérations du plafond antérieures à la dépose : fissures et lézardes dans l’architecture, zones d’usures, de craquelures et de lacunes du badigeon. • Des altérations non évolutives survenues lors de la dépose et de la transposition, comme des taches d’adhésif ou des écrasements de la peinture. Des croûtes blanches très gênantes, disséminées sur toute la surface, sont également apparues lors de l’enduction. Elles s’expliquent par la migration de l’enduit huileux au travers des ruptures du film de badigeon. En revanche, l’adhérence et la cohésion générales demeuraient satisfaisantes malgré la finesse et la réactivité des toiles de coton aux variations hygrométriques, qui constituent des facteurs de risque non négligeables. • Des altérations provoquées par le doublage : l’adhésif acrylique employé avait un pouvoir collant insuffisant pour maintenir un contact satisfaisant. On observait ainsi de nombreux plissements et poches d’air entre toiles de coton et toile de lin. Ces déformations se répercutaient à leur tour dans la matière picturale en y provoquant des ouvertures de craquelures et des débuts de soulèvements.
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