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Présentation

  

Analyse organique

Visuel grand format de G. Moreau, Les Rois Mages
G. Moreau, Les Rois Mages, Signature
G. Moreau, Les Rois Mages, bras du personnage à la hauteur de la croupe du cheval.


Etude de matières picturales : Les Rois Mages de Gustave Moreau


Les Rois Mages
Gustave Moreau
Musée Gustave Moreau, Paris, (2m90 x 2m82).
(c) C2RMF, O. Guillon


Une étude des matières picturales employées par Gustave Moreau pour peindre Les Rois Mages a été réalisée avant une intervention de restauration du tableau. Une part de cette étude portait sur la nature des tracés visibles en surface de l'œuvre.


 



Les Rois Mages, (détail de la signature),
tracés noirs et blancs
Gustave Moreau
(c) C2RMF, O. Guillon

Gustave Moreau recherchait particulièrement les effets graphiques, travaillait les contrastes de pâtes. Les Rois Mages présentent en surface de la couche picturale des dessins de couleur noire et blanche. La matière noire utilisée pour cerner les contours faisait penser à du fusain, une autre matière noire, beaucoup plus fluide, ressemblait à de l'encre, la matière blanche rappelait la craie.



Les Rois Mages, (détail du bras du personnage à la hauteur de la croupe du cheval)
Gustave Moreau
(c) C2RMF, O. Guillon

La composition de ces trois matières picturales a été analysée et comparée à celle du liant du tableau. Le liant employé par Gustave Moreau pour peindre Les Rois Mages est de l'huile de lin, qui a probablement été cuite avant emploi. Bien que la couleur et l'aspect des tracés de surface soient très différents, leurs compositions organiques sont tout à fait comparables : il s'agit d'une préparation contenant une huile siccative, de la stéarine, de la cire d'abeille et une résine diterpénique provenant d'un arbre de la famille des pins. L'huile et la stéarine sont les ingrédients majoritaires du mélange, la cire et la résine sont des composants minoritaires. Un tel liant n'est pas une préparation commerciale mais a été réalisé par l'artiste.


Ces analyses nous éclairent sur la façon de procéder de Gustave Moreau : pour obtenir des effets picturaux très variés, il n'a pas multiplié la nature de ses matériaux de base, mais, à partir d'une préparation réalisée par ses soins et mélangée à divers pigments, il a travaillé la fluidité ou l'épaisseur de la pâte en ajustant la quantité de solvant et a obtenu l'effet désiré par une variation de l'application et l'utilisation d'outils divers. L'identification de ce liant a également des conséquences pratiques puisqu'elle permet aux restaurateurs de proposer une intervention adaptée aux matières picturales constitutives de l'œuvre.


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