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Résumé Servant à façonner des outils et surtout des objets rituels, le jade, yu, était beaucoup utilisé en Chine à partir du Néolithique. Pour les Chinois anciens, yu est une pierre "belle" selon une définition générale. Aussi, les pierres de qualité, quels que soient les matériaux, pourraient être désignées sous le nom yu ou yushi. Pourtant, c'est la néphrite qui est dénommée zhengyu, jade véritable. En outre, il existe une autre pierre également utilisée, la serpentine, d'apparence similaire à celle de la néphrite, mais de dureté plus faible (2,5 -3,5 pour la serpentine, 6 - 6,5 pour la néphrite). Ce sont ces deux minéraux, néphrite et serpentine, qui sont plus souvent trouvés comme matériaux pour les jades archaïques chinois. En revanche, la jadéite, considérée aujourd'hui comme une sorte de jade du point de vue minéralogique, n'est employée qu'à partir du dix-huitième siècle en Chine. Les jades possèdent des couleurs diverses dont l'origine est souvent considérée d'avoir un lien avec les inclusions et les éléments traces dans les jades. En outre, la couleur d'un jade peut être plus ou moins modifiée par l'altération secondaire, c'est à dire, par l'altération que subissait l'objet dès sa fabrication. Souvent employés comme des objets funéraires avant l'époque des Han (206 av. J.-C. - 220 apr. J.-C.), les jades ont été enfouis avec les défunts. Lors de leur enfouissement dans le sol, ils ont pu réagir avec leur milieu. En conséquence, plusieurs phénomènes auraient pu donc se produire : modification de la dureté, de la couleur et de la morphologie, recristallisation et infiltration. L'infiltration des éléments ou des inclusions dans les jades joue un rôle important sur la modification de la couleur qui est un indice très souvent utilisé pour expertiser les jades archaïques. Plusieurs termes particuliers sont désignés pour décrire ces modifications, par exemples, infiltration de sang (xiequin), infiltration de mercure (shuiyingin), blanc d'os de poulet (jigubai), etc. Bien que ces termes ne soient guère propres du point de vue scientifique aujourd'hui, il s'agit principalement de phénomènes de rougissement, de noircissement et de blanchissement des jades. Etant donné que les jades archaïques sont des objets de grande valeur pour les Chinois, beaucoup de faux sont fabriqués et circulent sur les marchés. L'imitation d'un jade archaïque, c'est non seulement l'imitation de sa forme et de sa technique de gravure, mais aussi l'imitation de sa couleur. D'après la littérature ancienne, plusieurs méthodes ont été mises au point pour fabriquer un objet en jade dont la couleur ressemble énormément à celle d'un jade archaïque. Pour modifier la couleur d'un jade frais, les paramètres mis en jeu sont principalement la teinture ou les matériaux qui peuvent réagir avec les jades, le chauffage et l'enfouissement. Aussi, afin de distinguer un jade vrai d'un faux, l'analyse de leur couleur est indispensable. Bien que consacrées à l'étude de la couleur, nos études, à partir d'une analyse élémentaire et structurale, pourraient nous permettre non seulement de mieux comprendre le mécanisme de la coloration naturelle et artificielle, mais d'autre part d'avoir des informations avec lesquelles nous pouvons travailler sur des problèmes concernant les jades archaïques : leur provenance, leur condition de formation géologique, et leur condition de chauffage et d'enfouissement après leur fabrication. Dans nos études, nous travaillons sur les jades du Musée Guimet ainsi que sur des jades bruites provenant de différents gisements en Chine. Les objets en jade étant des objets très précieux et fragiles, des analyses non-destructives sont indispensables. La méthode d'analyse élémentaire, PIXE/PIGE délivre la composition chimique (les éléments majeurs, mineurs et traces) tandis que la spectroscopie Raman fournit une analyse structurale. Nous utiliserons également la spectrophotométrie qui nous permet d'étudier la propriété optique de ces pièces. Les objets en jade sont de couleurs diverses : bleu-vert, vert, brun, blanc, noir, ocre, rose, bleu, vert noirâtre, etc. Ce sont des couleurs originales ou secondaires dans les jades. Nous essaierons de chercher les paramètres mis en jeu dans le mécanisme de la coloration. Une ou des modélisations seront effectuées à partir des résultats expérimentaux ainsi que des théories.
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