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Les Grands Chantiers
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Filière Archéologie : La restauration du Pilier des Nautes du Musée national du Moyen Age
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Nouvelle présentation du Pilier des Nautes au Musée national du Moyen Âge, avril 2003. © C2RMF, A. Chauvet |
Après une longue période d’étude et de restauration qui a duré de 1997 à 2003, le Pilier des Nautes est à nouveau présenté depuis le 2 avril au musée national du Moyen Âge, dans l’espace exceptionnel des Thermes de Cluny où il est conservé depuis 1844, le frigidarium. En tant que plus ancien monument de Paris, il représente le fleuron des collections antiques du musée. Ce monument votif dédié à Jupiter sous le règne de Tibère (14-37 ap. J.-C.) par les nautes parisiens (marchands liés au commerce fluvial) est capital pour notre connaissance des cultes en Gaule et du syncrétisme entre panthéon celtique et panthéon romain, au début de la colonisation romaine. Les cinq éléments formant le pilier se présentent comme des blocs de calcaire ornés de bas-reliefs sur leurs quatre faces rectangulaires. Ils ont été découverts en 1711 sous le choeur de la cathédrale Notre-Dame de Paris.
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Pierre de Jupiter avant nettoyage, Tarvos Trigaranus : couches de salissures anciennes qui se sont déposées sur la pierre ("croûte noire"). © C2RMF, A. Chauvet
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En 1997, les cinq blocs présentaient un empoussièrement important et des couches de salissures brunes à noires (“ croûte noire ”) qui rendaient la lecture des volumes difficile et pouvaient nuire à la conservation de la pierre. Après une longue période d’étude (provenance du calcaire, analyses de la “ croûte noire ”, des sels solubles et des badigeons, histoire de l’œuvre), le conseil scientifique qui a validé les principales étapes de la réflexion préalable et de la restauration a décidé de procéder à un nettoyage des surfaces des blocs. Les méthodes aqueuses traditionnellement utilisées ont été exclues en raison de la fragilité du matériau et aussi de la présence de sels solubles. La technique de nettoyage au laser qui consiste en une élimination des dépôts par photo-ablation a été sélectionnée pour son parfait respect des surfaces à conserver..
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Pierre de Jupiter en cours de nettoyage au laser, Tarvos Trigaranus et Vulcain. © C2RMF, A. Chauvet
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Afin de déterminer le niveau de nettoyage approprié, des tests ont été pratiqués en premier lieu sur le “ bloc aux huit divinités ”, puis ultérieurement sur la “ pierre de Jupiter ”, sur des zones représentatives des différents états de surface. Au terme de cette série de tests, le choix de l’appareil laser à bras s’est porté sur le modèle NL 201 (Thales Laser SA) parce qu’il permettait d’obtenir un résultat plus homogène ; la fréquence 30 Hz et une densité d’énergie moyenne ont été retenues. Deux équipes de restaurateurs se sont relayées du 2 au 20 avril 2001 puis du 8 au 26 octobre 2001. Préalablement au nettoyage, les surfaces ont été dépoussiérées par léger microsablage. Afin de favoriser l’absorption du rayon lumineux, elles ont été humidifiées. Sur chaque bloc, un témoin, au moins, de la surface de la pierre avant nettoyage a été conservé.
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Pierre de Jupiter après restauration, Tarvos Trigaranus : nettoyage au laser, amincissement et reprise de la surface du joint, témoin de "croûte noire" en bas à droite. © C2RMF, A. Chauvet
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Les zones altérées ont été consolidées à l’aide de silicate d’éthyle. Les restes de plâtre localisés à la base des blocs ainsi que les bouchages ont été éliminés. Les comblements qui restituaient les volumes entre les deux blocs de la “ pierre de Jupiter ” ont été réduits à un joint mince dont la surface a été reprise à l’aide d’un mortier coloré dans la masse. Le nettoyage a permis de découvrir des informations d’ordre technologique, comme des traces d’outils mais aussi des détails iconographiques. Les volumes et les différents états de surface liés à l’histoire de l’œuvre peuvent être appréciés plus justement.
L’étude et la restauration du Pilier des Nautes ont été résumées dans deux articles récents, l’un publié dans Archéologia (mars 2003), l’autre dans Technè (Science et Conservation, numéro 17).
Partenaires
Musée national du Moyen Âge: Viviane Huchard, directeur du musée, Guillemette Andreu puis Florence Saragoza, conservateurs des collections antiques. Mécène: Compagnie des bateaux-mouches de la Seine. Restaurateurs: C. Aballéa, R. Lambert, M.-E. Meyohas, C. Pariselle. Conseil scientifique: les conservateurs du Musée national du Moyen Âge, les restaurateurs, J.-R. Gaborit (Musée du Louvre), J.-P. Adam (CNRS), le Laboratoire de recherche des monuments historiques (V. Vergès-Belmin), le Laboratoire interuniversitaire des systèmes atmosphériques (R.-A. Lefèvre, P. Ausset), le C2RMF (J.-P. Mohen, F. Dijoud, N. Balcar, E. Martin, S. Watelet). Lieu de la restauration: C2RMF, Petite Ecurie du Roy, Versailles. Photographies: Anne Chauvet. Histoire du pilier de 1711 à 1844: Marie Delassus et Louise Raffray (étudiantes, Ecole du Louvre). Suivi du C2RMF: S. Watelet |
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| © Centre de recherche et de restauration des musées de France - RMN |
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